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Qu’est-ce que l’entraînement neuromusculaire

L’entraînement neuromusculaire est une méthode d’entraînement combinant des exercices d’aérobie, d’équilibre, de force et d’agilité afin d’améliorer les capacité motrices et de préparer le corps au travail. L’entraînement neuromusculaire vise à renforcer la connexion entre les systèmes musculaire et neurologique afin d’assurer une collaboration optimale dans l’activation des muscles, le contrôle articulaire et la stabilité. Des études ont observé une réduction de 35 à 70 % des blessures sportives et récréatives lorsqu’un programme d’échauffement neuromusculaire dirigé par un entraîneur ou un enseignant était mis en place au début des séances sportives et des cours d’éducation physique, plutôt qu’un programme d’échauffement traditionnel incluant des exercices d’aérobie et d’étirement statique et dynamique1-3.

 

Prévention des blessures grâce à l’entraînement neuromusculaire

On estime que chaque année, 35 % des jeunes Albertains subissent une blessure demandant de l’assistance médicale à la suite d’une activité sportive ou récréative4,5. Dans une déclaration concernant le développement des jeunes athlètes, le Comité international olympique a officiellement recommandé la mise en œuvre d’un programme d’échauffement neuromusculaire avant le début d’une activité sportive, y reconnaissant une mesure efficace de prévention des blessures chez les jeunes6.

 

La mise en œuvre de l’entraînement neuromusculaire

La pratique courante inclut un atelier pratique sur les programmes d’entraînement neuromusculaire à l’intention des entraîneurs et des enseignants, dispensé par un expert de l’entraînement neuromusculaire. Les programmes d’échauffement reposent sur une bonne technique et sur une fréquence régulière (par exemple, plus de 3 fois par semaine). Les exercices d’étirement statique ne sont plus considérés comme prioritaires dans l’établissement d’un programme d’échauffement en vue de prévenir les blessures.

Les programmes d’entraînement neuromusculaire peuvent prendre la forme d’un échauffement de 10 minutes au début des cours d’éducations physique. Ils peuvent aussi être adaptés aux besoins et aux contraintes de l’établissement scolaire, incluant le temps, l’âge des élèves, la taille du groupe et l’unité d’enseignement abordée. Dans le cadre d’une étude récente menée au premier cycle du secondaire, les élèves et les enseignants ont dressé un bilan positif de la mise en œuvre de périodes d’échauffement neuromusculaire au début des cours d’éducation physique7.

Il existe différents moyens d’initier les élèves aux périodes d’échauffement neuromusculaire. Les enseignants ayant mis en place l’entraînement neuromusculaire ont choisi de structurer l’échauffement de différentes manières :

  • les élèves participent à un échauffement de groupe;
  • les élèves sont divisés en petits groupes à différentes stations d’échauffement;
  • l’échauffement est mené par quelques étudiants.

Certains enseignants dédient une période entière à l’enseignement détaillé de chaque exercice, ce qui permet de se concentrer sur la technique. D’autres préfèrent intégrer un exercice à la fois pour chacune des catégories (aérobie, équilibre, force et agilité), en ajoutant un exercice supplémentaire par jour. Le jumelage des élèves, particulièrement en ce qui a trait aux exercices de force et d’agilité, est un excellent moyen d’encourager l’apprentissage des techniques par l’observation tout en stimulant la confiance et l’efficacité personnelle des élèves.

Grâce à de nombreuses ressources telles que des affiches et des vidéos, la mise en œuvre de ces programmes d’échauffement peut être assurée par les enseignants généralistes tout comme par les spécialistes de l’éducation physique.


1 Emery CA, van den Berg C, Richmond SA, Palacios-Derflingher L, McKay CD, Doyle-Baker PK, McKinlay M, Toomey CM, Nettel-Aguirre A, Verhagen E, Belton K, Macpherson A, Hagel BE. Implementing a junior high school-based programme to reduce sports injuries through neuromuscular training (iSPRINT): a cluster randomised controlled trial (RCT). Br J Sports Med. 2019;0:1-8.
2 Emery C, Tyreman H. Sport participation, sport injury, risk factors and sport safety practices in Calgary and area junior high schools. Paediatr Child Health. 2009;14(7):439-44.
3
Richmond SA, Kang J, Doyle-Baker PK, Nettel-Aguirre A, Emery CA. A school-based injury prevention program to reduce sport injury risk and improve healthy outcomes in youth: a pilot cluster-randomized controlled trial. Clin J Sport Med. 2015;0:1-8.
4 Emery CA, Roy T, Whittaker JL, Nettel-Aguirre A, van Mechelen W. Neuromuscular training injury prevention strategies in youth sport: a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49:865-870.
5 Emery CA, Meeuwisse WH, McAllister JR. Survey of sport participation and sport injury in Calgary and area high schools. Clin J Sport Med. 2006;16(1):20-6.
6 Bergeron MF, Mountjoy M, Armstrong N, Chia M, Cote J, Emery CA, Faigenbaum A, Hall G, Kriemler S, Leglise M, Malina RM, Pensgaard AM, Sanchez A, Soligard T, SundgotBorgen J, van Mechelen W, Weissensteinder JR, Engebresten L. International Olympic Committee consensus statement of youth athletic development. Br J Sports Med. 2015;49:843-851.
7 Richmond SA, Donaldson A, Macpherson A, Bridel W, van den Berg C, Finch CF, Hagel B, Emery CA. Facilitators and barriers to the implementation of iSPRINT: A sport injury prevention program in junior high schools. Clin J Sport Med. 2018;0:1-8.

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